Et puis quoi encore?

Oui, cela fait un an et demi que rien n'a été écrit sur le Bavardoir, à part quelques commentaires ventant le mérite de pilules bleues et autres produits, avons-le, louches.

Donc voilà. Ce post clot le Bavardoir.

Définitivement? je ne sais pas.

Oui tristesse avec deux s.
mélancolie avec un i.
nostalgie sans j.

Cependant l'aventure continue sur un autre blog :
"Les Vains Monologues" ( 20monologues.blogspot.com )
où j'espère être plus assidu, moins long avec des articles mieux travaillés et quelques nouveautés en terme d'articles et d'objets postés.

À de nouvelles aventures, ailleurs!

That's all folks!
(Pam pam pam paaaam)

On m’aurait souhaité un Guten Tag

Je fus, il y a long moment, encensé par quelques tags provenant de 3 collègues blogueurs (pink_panther, YoYo et kiffegrave qui sont maintenant dénoncés) . Ce fait vous éclaircit maintenant le jeu de mot très recherché disséminé dans le titre.

Alors, rapidement, qu’est ce donc un tag. C’est un jeu très privé de la communauté des blogueurs. Un blogueur tagué doit répondre à plusieurs propositions bien définies par un nombre fixe de réponses (6, 7, 3…). Puis, il devra taguer des blogs amis en les mentionnant et ainsi de suite.

Donc voilà, un tag lia, telle une mouche dans une toile d’araignée, ma petite personne à ce jeu.

Deux choses ont fait que j’ai mis du temps à répondre à ces dits tag à damner fortement par l’ONU (oui, je sais, ça revient à ne rien faire) : mon infinie misanthropie latente et un des principes fondateurs du Bavardoir (pas d’infos perso ici).
Mais je vais le faire quand même. Je sais que vous vous en fichez, mais on n’est pas à ça près.

Je prends la version héritée de pink_panther de « et pourtant elle tourne » parce que pas trop longue et pas trop courte [lien ]. Je prends 4 comme chiffre fixe parce que sinon on n’est pas sortis de l’auberge.

Ce que j’apprécie : 10h du matin, le mot « perlimpinpin », recevoir des mails, les pâtes.

Ce que j’aime faire : Dessiner des lapins dans la buée sur les fenêtres, rêvasser, manger des pâtes. le 4? en fait j'aime rien, faut pas trop insister.

Ce que je déteste : Me réveiller tard, Hotel California (horreur), la mandarine (pas bon), les pâtes au poisson (blasphématoire).

Ce que je n’aime pas faire, mais que je fais quand même : là le truc que je fais en ce moment, sinon j’assume toujours ce que je fais. (Bah oui, attends, je suis quelqu’un d’équilibré qui fait ce qu’il aime et qui aime ce qu’il fait, bah oui, hé, pfff, tu crois quoi toi).

Personnages que j’affectionne particulièrement : Ma personne et c’est déjà tout un monde, maman, papa (Et tu préfères maman ou papa : moii, en fait, j’aime papa et maman tout deux pareil à égalité), Enzo Pasta.

Ce que je rêve de faire : Devenir le maître du monde et être super riche (et là je pourrais faire ce que je veux, nommer ce que c’est, c’est accessoire.).

Ce que je veux faire (la différence entre ces propositions et celles qui les ont précédés est que cela sont plus accessibles, me dit-on): Finir ce questionnaire, devenir vice-maître du monde (faut être lucide et réaliste), apprendre le piano et vivre heureux*.

Le moment crucial est arrivé celui de la revanche et du retour du tag. (Le comédien rugit un rire démoniaque). Alors ceux et celles qui vont devoir endurer le supplice que m’ont gentiment refourgué mes collègues pensant être courtois, sont….. TOI !!! Oui, toi qui lis ces lignes, non ne regarde pas derrière toi, je te parle à toi, oui toi. Ouvre un éditeur de texte et réponds aux questions précédentes et poste-les sur ton blog (et si t’en as pas, t’es puni, ouvres-en un). Ça t’apprendra à jouer aux voyeurs, petit(e) chenapan(euh.. te ?).

* C’est pour faire genre "il est sérieux pendant deux secondes", "séance émotion", "oh! c'est chou!' etc. Faut pas trop y croire.

Allez see ya!

Chez le père Lathuille, Edouard Manet, 1879
"T'aimes quoi dans la vie toi? La musique classique?? c'est vrai?? Ah, c'est fou!! moi aussi j'adore la musique classique!! Décidemment, on a les mêmes goûts..."

Lecture commentée de "Ommi Sissi". [Ep2 et fin]

Previously on Ommi Sissi : After she found some little money, Ommi Sissi bought candies to her daughter. She hid them on the top of her wardrobe and she went to talk to the greedy cat… Watch right now the next episode of the adventures of Ommi Sissi on The Bavardoir… [Watch the Last episode here]

Elle dit : « Je vais sortir récupérer ma fille de l’école. Ne touche surtout pas au couffin qui est sur l’armoir ».

Les historiens des histoires dont on n’est pas sûrs de la véracité ont longtemps rapporté l’étroitesse de l’esprit de Ommi Sissi. Ils avancent cet argument : Pourquoi diable est-elle allé voir le chat qui, lui, n’a rien demandé pour lui signifier qu’il ne faut pas toucher au couffin. Le chat ne savait même pas que le couffin pouvait porter des friandises et n’a a priori pas cherché à savoir ce qu’il y avait dedans. Donc Ommi Sissi déclenche par elle-même le drame que vous (re)découvrirez plus tard.

Coin du lecteur : Des lecteurs fort sympatiques m’ont fait la remarque que le couffin n’a pas été mis sur une armoire mais accroché au plafond. En effet, suite à un oubli, j’ai écorché l’histoire. Mais je pense qu’Ommi Sissi a assez abusé de bêtises pour qu’en plus elle accroche un couffin au plafond. Sérieusement, accrocher un couffin au plafond…

Elle rajoute : « Et si tu touches à ce qu’il y a à l’intérieur, je te coupe la queue ».

Alors j’arrête tout de suite les amis des bêtes qui s’insurgent là bas de l’autre côté de l’écran. Pas la peine d’écrire à la SPA. On verra plus tard si elle applique sa menace.Dans ce cas là, je vous donnerai leur numéro.

Ommi Sissi sortit [ça fait classe le passé simple]. Elle partit chercher sa petite fille. Au même moment, le chat, oh combien qu’il est fourbe, est allé voir sans scrupules l’intérieur du couffin, avala non sans hâte les friandises de la pauvre petite fille. Et comme si un tel méfait ne lui suffisait pas, le chat laissa derrière lui les traces de sa digestion et partit jouer dans le parc sans regrets.

Je pense que tout le monde s’y attendait. Je ne m’attarderai pas sur les détails que la diginité réprouve.

Ommi Sissi retourna à son logis. Elle courut vers son couffin et y mit la main afin de récupérer les bonbons que la petite fille attendait avec impatience. Et là la surprise, Ommi Sissi remarqua avec effroi et hurlement la disparition (pour ne pas dire remplacement) des sucreries.

Je pense que de telles phrases sont éloquentes. Personnellement, je n’ose même pas imaginer l’horreur de la situation et le traumatisme qu’a connu la petite fille en voyant sa mère dans un tel état (et qui aura probablement à nettoyer le couffin, sa maman étant hors d’elle-même).

Ommi Sissi prit ses gros ciseaux, sortit en courant et retrouva le chat. Et comme elle l’a annoncé, elle lui coupa la queue.

Alors donc voilà, nos amis de Sousse (TN) pourront appeler le centre de la SPA Sousse au 73.233.347. Sinon, les autres ville de Tunisie, je n’ai pas trouvé de numéro mais je vous donne le site c’est .
Ici, vous avez lu le 2ème drame successif de l’intrigue, imaginez les générations de petits tunisiens traumatisés par tant d’événements ébranlant la petite famille Sissi.

Il existe plusieurs version du conte dont la longueur est proportionnelle à la patience du parent qui la raconte. En effet, l’histoire peut s’arrêter là frustrant l’enfant et le préparant à des crimes atroces dans la société (ouais bon..). Mais l’histoire peut finir ainsi :

Le Chat malheureux, après avoir beaucoup pleuré, est allé s’excuser auprès de Ommi Sissi. Il a réussi à trouver quelques flayess et est allé acheter d’autres sucreries qu’il a porté à la fille d’Ommi Sissi. Ommi Sissi, ravie et peu rancunière, lui rendit sa queue qu’elle lui cousit*.

Oui, en effet, cette fin mielleuse est peu vraisemblable. Un chat peut il trouver des flayess ? Peut-il acheter par lui-même ? Ommi Sissi a-t-elle gardé la queue au congélo ? Ommi Sissi avait-elle un congélo ? Ommi Sissi a-t-elle effectuée une anésthésie locale au chat avant de lui rendre sa queue gelée ? Ommi Sissi savait-elle coudre ? Tant de questions, dont on aura malheureusement jamais la réponse.

Ainsi cette passionnante épopée dont des gens et un chat simples sont des héros a éduqué pendant des décennies voire des siècles enfants crédules. Ou peut être des parents crédules car ils pensent que les enfants vont gober l’histoire comme ça.

See you soon ;)

* coudre au passé simple à la troisième personne du singulier. Achetez un Bescherelle.


(Affiche de Théophile-Alexandre Steinlen, Tournée du Chat Noir, 1896)
Le Chat, après cet épisode désolant de sa vie, part sur Paris et se convertit dans le monde du spectacle. Après s'être teint en noir, il ouvre un cabaret à succès.

Lecture commentée de "Ommi Sissi". [Ep1]

Nous allons ensemble aujourd'hui procéder, comme ça, gratuitement, à un exercice d'analyse et de réflexion autour d'une oeuvre de la tradition orale d'un folklore national quelconque.
Pour commencer, nous allons tirer au hasard un folklore national quelconque... et ça sera le... (ah non, pas le folklore ouzbèke, j'y connais rien, on tire une deuxième fois discrétement)... le folklore national tunisien (tiens, je m'y connais en celui-là).

Les récits héritées de génération en génération sont nombreux dans la tradition orale tunisienne. Ils portent en général dans de mots qui accrochent l'attention des enfants une morale ancéstrale et pleine de sagesse. Applaudissements.

Nous allons donc nous attaquer à l'un de ces récits et peut-être au plus célèbre d'entre eux : l'histoire de "Ommi Sissi" [siii-siii, i long 2 fois] ou Mère Sissi si on veut pousser la francophonisation des esprits lisant ce blog plus loin. Sans plus tarder, racontons et analysons cette histoire :

"Ommi Sissi balayait balayait"
Nous remarquons, dans cette phrase introductive, l'insistance du conteur sur l'action de balayer car il veut nous faire sentir un mouvement répétitif de gauche à droite ou de droite à gauche (si Ommi Sissi est gauchère mais ça on sait pas) avec comme centre de rotation la main de Ommi Sissi appliquant sans le savoir une force de Coriolis sur le balai à manche. voir Figure 1.

"Elle a trouvé un petit sou"
Un petit sou est une traduction de l'arabe dialectal "flayyes" qui est le diminutif de "flouss" (que les linguistes maîtrisant l'argot français ont vite repéré car il veut dire argent). Le diminutif est une preuve de la valeur marchande de ce flayess qui est donc peu importante et non investissable en bourse (heureusement dites vous, oui c'est vrai mais sachez qu'à l'époque de Ommi Sissi, il y avait pas de bourse en Tunisie donc vous avez tort de dire heureusement)

"Elle s'est demandé "Que vaiiiis-je faire aveeeec?" "
Dilemme. Premier noeud de l'histoire. La valeur marchande du flayess donne du fil à retordre à Ommi Sissi qui ne sait pas quoi en faire. Là, l'auditeur est en pleine empathie face à cette problématique financière impactant l'économie réelle du porte monnaie de Ommi Sissi qui d'ailleurs en prolongeant les voyelles de sa phrase accentue la perplexité de la situation.

"Elle s'est dit je vais acheter avec des bonbons que je vais donner à ma fille qui va rentrer de l'école"
Ici deux points très importants. Contrairement aux idées reçues, Ommi Sissi n'est pas une vieille mémé. Effectivement, Ommi Sissi a une fille qui va à l'école donc la dame, en me référant à l'époque éventuelle (pas de questions!!) où vivait Ommi Sissi, devrait avoir au grand maximum 40 ans.
Deuxième point, pourquoi acheter des bonbons pas autre chose car nous remarquons que le noeud établi précedemment a été vite résolu. Oui c'est vrai. Mais ce n'est pas forcément des bonbons. En effet, pour des raisons de simplication face à l'auditeur, il est préférable de vite régler cette problématique car elle ne participe pas à l'intrigue de l'histoire. Ainsi, du chocolat, du Tuc, un cake, un croissant ou un gateau à la vanille (retenez-le bien ce dernier là) pourraient faire tout aussi bien l'affaire.

"Elle est partie chercher les bonbons"
ou le chocolat, ou le Tuc, ou le cake, ou le croissant ou le gateau à la vanille (retenez-le bien ce dernier là, j'insiste)
"Elle est rentrée avec dans un couffin"
J'entends des gens perspicaces hurler : Pas besoin de mettre des bonbons (ou le chocolat, etc) dans un couffin, c'est trop grand et donc c'est bête et ridicule. Oui c'est vrai. Mais je dirai à ces gens, taisez vous et ne brisez pas l'intrigue.

"Une fois chez elle, elle a mis le couffin sur l'armoire"
Acte bizarre effectivement mais attendez la suite l'histoire. Mais avant de continuer, remarquons ici que j'ai bien dit armoire. Si j'avais dit placard, ça ne serait pas possible tout simplement parce qu'on ne peut rien mettre sur un placard, ce dernier étant encastré dans le mur contrairement à une armoire. Vous voyez.

"Et ensuite, elle est partie voir le gourmand chat et lui dit :"
Deux points ici aussi.
Le chat est gourmand. Effectivement, je vais pas vous le cacher, il aura dans la suite des velleités pour s'accapparer des bonbons (ou chocolat, etc). D'ailleurs, si j'ai insisté sur le gateau à la vanille (si si, c'est parce que vous suivez pas que vous dites non), c'est que j'ai connu un chat qui adorait la vanille. C'était un des chats de mes grands parents qui s'appelait "Mranguet" (non pas meringuette) et qui adorait l'odeur de la vanille et qui collait à ma grand-mère lorsqu'elle cuisinait un gateau avec de la vanille. Bon, Mranguet le bien-aimé est parti un jour sans retourner chez mes grands parents. Et jusqu'à aujourd'hui, aucun chat n'a eu la gloire familiale de Mranguet même pas Jamil que Grand-Père adore et Grand-Mère pas du tout. Je sais, vous vous en fichez mais vous me lisez donc vous assumez.
Sinon, deuxième point, Ommi Sissi parle au chat. Les gens de tout à l'heure : Est-elle folle? Oui, des preuves existent dans ce sens, effectivement. Mais je leur dit encore une fois, c'est l'intrigue de l'histoire qui l'exige et je préviens la prochaine fois, ces gens là sortent de la salle.


Aujourd'hui je m'arrête ici (ah là là suspense, que va dire Ommi Sissi au chat...)
Prochain post, la suite!

À plus!

Elle Ommi Sissi? Euh, je sais pas...
La femme au chapeau, Henri Matisse, 1905

Un bel air de Brel

Après Desproges, l'hommage à Brel.
Le rapport? Pas grand chose a priori si ce n'est mon admiration pour le sens des mots, de l'expression. D'apprendre grâce à eux qu'un mot, au-delà d'être un son et une signification, possède une âme, une arme, une vie, un pouvoir...

Le 9 Octobre 1978, il y a 30 ans, Brel disparaît. Disparaît mais sa voix a été et reste portée par vinyles, cassettes, CDs, mp3, DVD etc etc... Ce Belge a fait les heures de gloire de la Chanson Française (et non s'il veut plaît, je ne parle ni de Céline Dion ni de Pascal Obispo et cie) et le music-hall parisien. Ce Belge a honoré la langue de Molière en lui offrant ses grands poèmes, les derniers avant quelques décennies.

En plus d'être un auteur hors-pair, Brel était aussi un incomparable interprète. La manière de chanter ses textes est époustouflante, regardez le bouger avec ses textes, transpirer avec ses personnages, grimacer théatralement. Ecoutez-le articuler les textes, prendre un accent, changer de ton et de tonalité, hausser la voix ou la baisser.

J'ai voulu rendre hommage au grand Jacques qui m'a appris à écouter/lire de la poésie et être parmi les premiers à me faire apprécier la langue de Prévert au-delà de ses apparences.

Et là, comme d'hab, je laisse la parole...


"Au Suivant"

Au suivant au suivant
Tout nu dans ma serviette qui me servait de pagne
J'avais le rouge au front et le savon à la main
Au suivant au suivant
J'avais juste vingt ans et nous étions cent vingt
A être le suivant de celui qu'on suivait
Au suivant au suivant
J'avais juste vingt ans et je me déniaisais
Au bordel ambulant d'une armée en campagne
Au suivant au suivant

Moi j'aurais bien aimé un peu plus de tendresse
Ou alors un sourire ou bien avoir le temps
Mais au suivant au suivant
Ce ne fut pas Waterloo non non mais ce ne fut pas Arcole
Ce fut l'heure où l'on regrette d'avoir manqué l'école
Au suivant au suivant
Mais je jure que d'entendre cet adjudant de mes fesses
C'est des coups à vous faire des armées d'impuissants
Au suivant et au suivant

Je jure sur la tête de ma première vérole
Que cette voix depuis je l'entends tout le temps
Au suivant au suivant
Cette voix qui sentait l'ail et le mauvais alcool
C'est la voix des nations et c'est la voix du sang
Au suivant au suivant
Et depuis chaque femme à l'heure de succomber
Entre mes bras trop maigres semble me murmurer
Au suivant au suivant

Tous les suivants du monde devraient se donner la main
Voilà ce que la nuit je crie dans mon délire
Au suivant au suivant
Et quand je ne délire pas j'en arrive à me dire
Qu'il est plus humiliant d'être suivi que suivant
Au suivant au suivant
Un jour je me ferai cul-de-jatte ou bonne soeur ou pendu
Enfin un de ces machins où je ne serai jamais plus
Le suivant le suivant.

Jacques Brel, 1964.

Et vous pouvez écouter cette chanson, juste là :


Bien sûr, (et si ce n'est déjà fait), balladez vous sur le net et lisez ses textes et surtout écouter le. Encore mieux regarder sa performance sur scène.


"Je n’aime pas les gens bêtes. La bêtise, c'est de la paresse. La bêtise, c’est un mec qui vit et qui se dit, ça me suffit. Je vis, je vais bien, ça suffit. C’est celui qui ne se botte pas le cul tous les matins en se disant, c'est pas assez, tu ne sais pas assez de choses, tu ne vois pas assez de choses. Une espèce de graisse autour du coeur et autour du cerveau."
Jacques Brel vous conseille d'autres résolutions matinales que celles de se dire faut que je m'achète du Ricoré.

La Vie existe-t-elle ailleurs que sur Terre?

Pom, pom, piochons un sujet bateau. Ça sera alors « Y-a-t-il une vie ailleurs dans l’univers ? ». Bon, ok. Voilà. (Je toussote)

Aidons donc, ensemble, l’humain à avoir une bribe de réponse à ses interrogations sur la présence d'inintelligences comparables à la sienne ailleurs que sur Terre.

Procédons tel le journaliste scientifique qui pense que ses lecteurs ont la même lenteur d’esprit que lui. Pour que la vie existe ailleurs que sur terre, il faut que l’endroit où elle pourrait prospérer porte de l’eau. Car, vous pouvez l’imaginez, il faut bien tirer la chasse d’eau.

Mais il n’y a pas que l’eau (et là je vais aller vite car ceci est le Bavardoir et il ne faut pas que vous ayez de grandes espérances sur la justesse scientifique de mes propos).

Il y a aussi (notez bien avant d’aller à Carrefour) :
- Une étoile avec des planètes autour
- Des planètes dites telluriques, solides (pas gazeuses, c'est-à-dire pas comme les boissons)
- Des éléments organiques en abondance (Carbone principalement)
- Une atmosphère (joyeuse de préférence)
- Une bonne température (c'est-à-dire de bonne distance de l’étoile que j’ai citée au dessus si vous suivez)

- Et plein d’autres bric-à-brac que vous ne trouverez pas facilement ailleurs que sur la planète bleue (Dites-vous que vous avez de la chance).

Bon vous me direz que dans 4 suivi de 11 zéros étoiles, il faut bien qu’on en trouve une qui fait ça et qui porte de la (Haaaaleluja) vie.

Oui, ok et alors. Il faudra quand même avoir une preuve tangible.

On peut aller vérifier sur d’autres planètes pas très lointaines mais jusque là, il y a rien. Jusque là rien sur Mars – mais on cherche encore et on cherchera encore, et il y aura rien sur Pluton car ce n’est plus une planète, faut suivre l’actualité et mon raisonnement.

Faute d’y aller, on peut essayer de communiquer avec cette vie extraterrestre grâce à nos supers moyens de télécoms (forfait 50 sms minimum recommandé).

Dans ce cas, il nous faut aussi supposer que la vie est développée et complexe, qu’elle a développé une intelligence (un mythe qui d’après ma connaissance n’a jamais été observé dans l’univers), qu’ils sont à un stade qui leur permet d’avoir des technologies pouvant entrer en communication avec d’autres civilisations dans le Cosmos (j’aime bien ce mot). En effet, je ne pense pas qu’il soit possible ni drôle de communiquer avec de vastes étendues de végétation bleue ou une race d’Aliens encore aux années de la Renaissance (On a déjà une Joconde merci).

Mais jusqu’ici nous n’avons rien reçu comme interpellations. Nous avons envoyé des messages et rien… Et pourtant nous avons même mis un mec et une fille à poil sur une plaque [Plaque de Pioneer] envoyée dans l’étendue spatiale pour susciter un quelconque intérêt. Donc de trois choses l’une, ou bien ils ont toujours rien reçu (ils passent sous un tunnel), ou bien ils n’existent pas ou bien ils sont aigris.

Mais, vous me direz, et si les extraterrestres étaient déjà sur Terre, cachés sous une forme ou sous une autre, à attendre le moment propice où toute l'humanité sera occupée à regarder hilare les vidéos de Youtube pour se manifester et dicter les lois de la tyrannie. Les soucoupes volantes et tout le tintouin, hein, il n’y a pas de fumée sans feu.

Et les Scandinaves, me diraient vous avec malice dans les yeux. Ne sont-ils pas trop blonds? Ne résistent pas trop bien au froid glacial qu'ils affrontent indifférents après un séjour anormalement long dans un sauna? Ne vivent-ils pas sans protester vingt quatre heures exclusivement de jour ou de nuit? N’ont-ils pas un système politique où étrangement peu de syndicats protestent dans les rues ? Je vous le concède tout cela est bien louche. Mais je vous arrêterai avant de partir en troupes avec des velléités d'installation de bûchers car vous oubliez un détail. Cette population a inventé Ikea et ses meubles à installer tout seul. Ils ont fait preuve, avec cette invention, d'un vis..euh.. vice sans aucun doute humain : le sadisme.

Après vous avoir brillamment montré que les extraterrestres ne sont pas sur Terre et qu’ils ne sont pas forcément ailleurs, que faisons-nous ? Quelle décision prendre ?

Restons nous là sur notre Terre (qui je vous le rappelle brûle mais ce n’est pas un sujet intéressant) à nous poser des questions ? Y a t-il des extraterrestres ? Sont-ils verts ? Que mangent-ils ? Regardent-t-ils Desperate Housewives ?

Et même si on le savait, une fois passée l’euphorie du scientifique, du journaliste et de l’individu lambda. Qu’est ce que ça changerait ?

En fait, ce débat qui s'apparente à celui du sexe des anges est certes légèrement meilleur car on peut le teinter d'un semblant de scientificité (elle-même polluée par les foutaises qu'on retrouve ici ou là parsemée dans les médias médiocres et les bidonvilles d'internet).

Et puis où est l'intérêt? Aurions-nous intérêt à exhiber la bassesse morale de l'humanité au delà du système solaire? Aurions nous intérêt à connaître d'autres civilisations qui à défaut d'être belliqueuses elles même, nous le serons contre elles. On va peut être les attaquer, les piller de leurs biens. Et si ça se trouve à l’inverse, ils vont nous envahir et nous spolier.

Mais ne paniquons pas. De toute façon ce n’est pas grave. S’ils prennent le contrôle de la planète bleue, ils auront un réchauffement climatique à éliminer, une myriade de conflits à régler, une crise financière à désamorcer et des humains à gérer. C’est pas la joie et c’est bien fait pour leurs gueules (s’ils en ont).

Et d’ici là, Granat ! (Type d’oreillers chez Ikea –véridique-, c’est pour vous souhaitez bonne nuit)


Le Cri - 1893 - Edvard Munch
Dans leur travail d’exobiologistes, des scientifiques font des suppositions sur l’anatomie voire le mode de vie d’éventuelles populations extraterrestres. Ici, un habitant d'une planète autour de Gl581 hurlant avec profonde désolation après avoir sottement raté son flan au kalabiza. (Vue d’Artiste).

Chantons les louanges de la sieste méditerranéene (mais en silence)

Imaginons que vous décidez de me séquestrer un jour dans une cave et que vous me demandiez, sous la menace de me passer en boucle la chanson Hotel California, de vous donner de quelle appartenance géographique je suis le plus fier. Je me précipiterai alors, dans l'espoir de sauver ma santé mentale et musicale, de vous crier la Méditerranée.

Oui, Cara Mia/Caro Mio, l'idée de me voir déguster des tranches de tomates avec un filet d'huile d'olive et deux pincées de thym, accompagnées d'olives noires et un morceau de thon, dessine sur mon visage soudainement apaisé un large sourire. Et je me retiens de parler des belles nuances de bleu, de vert, de blanc qu'offrent les rivages et les paysages des côtes de Notre Mer (Mare Nostrum) et je me retiens de parler de et de....

Donc, en tant que Méditerrannéen convaincu et convaincant (du moins pour moi-même), je me dois, vu mon emprisonnement professionnel parisien en ces mois d'été, de crier mon amour à la sieste et d'exiger que Morphée bosse à midi aussi (et pas moi).

Les activistes de la sieste dans sa version méditerrannéenne (car il en existe d'autres mais c'est tout ce que je sais) sentent aux alentours de une heure de l'après-midi un soudain besoin d'étaler leur masse corporelle sur un espace élargi, de fermer les yeux et surtout, élément indispensablement indispensable : écouter le silence.

En effet, le silence est une condition sine qua non pour éviter le réveil soudain et insultant du méditerrannéen qui pratiquait son sport favori. Le méditerrannéen, vous le savez sûrement a le sang chaud et s'énerve vite (très vite) donc le silence est exigée et est respecté par plus ou moins tous car il faut bien assurer l'ordre dans le pourtour méditerranéen.

Ceci dit, des exceptions existent.
Les êtres vivants dont la taille ne dépasse pas une boule de pétanque sont tolérés. En effet, les bruits répétitifs des moustiques et autres insectes malpolis stresseraient encore plus un parisien (pour vous dire) mais deviennent par la force mentale incroyable de notre dormeur diurne méditerranéen une berceuse sans droits d'auteurs. En ce qui concerne les piqûres, le système nerveux de notre sujet a la faculté impressionnante de garder la douleur jusqu'à ce qu'il se réveille.

La deuxième exception est tolérée mais c'est parce que c'est plus fort que l'arraché-à-sa-sieste : les travaux. Le bruit des travaux, des coups de marteaux répétitifs et moqueurs par exemple, sont des ennemis invulnérables. Et remarquez qu'en été, saison où Morphée travaille en double séance je vous le rappelle, les sons se portent plus loin que lors d'autres temps. Ironie du sort direz vous. Bah oui. Mais heureusement qu'il y a les enfants à faire taire et à cracher des énormités dessus dès qu'ils bougent un orteil.
Faut bien un bouc-émissaire.

Parlons maintenant des pauvres gens comme moi qui n'ont pas la possibilité de fermer les paupières même 5 minutes après déjeuner parce qu'ils sont au bureau. Je vais me plaindre au nom de tous les oppressés du dodo méridional... POURQUOI, pourquoi sommes-nous obligés de regarder des écrans d'ordinateurs alors que l'on a du mal à garder les deux yeux ouverts en même temps. Pourquoi sommes-nous obligés d'entendre les gens parler, les claviers tapés, alors qu'on aurait préféré le son des cigales au loin nous bercer... Why whyyyy... (En lisant les mots ci-dessus, imaginez moi entrain de crier avec désarroi et peine profonde. Merci de votre collaboration à la réussite de la transmission de ce sentiment.)
Jacques Chirac, alors qu'il était président de la France, a préfacé un bouquin qui s'appelle "Éloge de la Sieste" et il en a dit du bien de la sieste Jacques! Et si vous ne me croyez pas tant pis pour vous ou cliquez ici.

Voilà, pour conclure, je pousse un cri d'espoir pour qu'un jour la sieste, bénédiction faite aux humains estivaux, rentre dans la déclaration des droits de l'homme. Car dormir plus c'est travailler mieux .

Bonne sieste/nuit.

PS: Vous remarquerez qu'aujourd'hui sera lancée l'Union pour la Méditerranée. Militons pour notre droit auprès des gens qui comprennent ce qu'est la sieste (et qui la ferons surement lors des discours de cette cérémonie de lancement).



Le Hamac de Gustave Courbet 1844
Courbet nous illustre ici une dame assommée par une sieste après avoir mangé 3 grosses assiettes de spaghettis à l'huile d'olive et au thon en plein Août. Ainsi Courbet veut nous montrer que la sieste est parfois imposée par des raisons métaboliques. (Oui Gustave aime bien montrer des choses).